samedi 8 novembre 2008

Photographies

Pour consulter les photographies des reportages réalisés au Népal : Ecoles Maoistes, Camps Maoistes :

samedi 1 novembre 2008

Nepal : Maoist's School (Ecoles Maoistes)

Lors de mon reportage de décembre 2007 à mai 2008, j’ai pu me rendre dans plus de 35 districts du Népal afin d’aller à la rencontre de différentes écoles, privées, publiques ainsi qu’une école Maoïste de Rolpa. J’ai pu également rencontrer les familles des professeurs et élèves victimes du conflit.


Les problèmes politiques qui se sont passés au Népal ont eu de lourdes répercussions dans les écoles.
Le système publique rencontre depuis de nombreuses années de grandes difficultés : nombres d’écoles insuffisant, manque de professeurs pour un effectif d’élèves trop important, locaux inappropriés, budgets insuffisants…
Face à ce problème, les écoles privées se sont développées en masse, jusqu’à devenir un véritable business notamment à Katmandu.
L’existence des deux systèmes a crée une véritable fracture sociale.

Le parti Maoïste s’est toujours élevé contre les inégalités que produit le système des écoles privées.


« Il existe deux sortes d’écoles au Népal, une pour les riches, et l’autre pour les pauvres, nous voulons changer ça, il faut une éducation libre et égale pour tous » Ganesh K.C président de Teacher Revolutionary Association de Rolpa.


Les Maoïstes ont donc mené différentes actions contre les écoles privées pour tenter d’éradiquer ce système du Népal : fermetures forcées, destructions de matériels scolaires, destructions des locaux, enlèvements de professeurs, assassinats, torture.

De nombreuses écoles privées ont été fermées durant la période de trouble, doublant les effectifs de certaines écoles publiques. Actuellement une partie des écoles privées recommencent leurs activités. Cependant, le parti Maoïste est, entre temps, devenu le plus grand parti politique du Népal. La ministre de l’éducation du Parti, Pampha Bhusal, envisage la fermeture de toutes les écoles privées du Népal d’ici 10 à 20 ans.

Il y a trois ans, le Parti Maoïste a décidé de construire ses propres écoles, d’une part pour accueillir les enfants des soldats Maoïstes mort au combat et, également, pour que leurs écoles servent de modèle au gouvernement.
Il existe actuellement trois écoles Maoïstes, situées dans les district de Rolpa, Rukum et Salyem. Les programmes scolaires ont été repensés par le Parti.

« L’éducation doit avoir un profil plus professionnel, pour avoir plus de débouchés » Pampha Bhusal.



Les manuels scolaires sont édités par le Parti et contiennent également de nombreuses informations concernant le mouvement Maoïste, l’armée Maoïste…
Les enfants suivent également des entraînements armés encadrés par un soldat de

la PLA (People Liberation Army), en plus des entraînements quotidiens d’autodéfense.
La plupart des enfants scolarisés dans ces écoles souhaitent devenir à leur tour PLA.
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« Les PLA se battent contre l’armée népalaise, les PLA aident les gens du village et les protègent, maintenant le peuple va avoir le pouvoir, pas le roi. Ce qu’on apprend dans notre école est plus important que ce qu’on apprend dans les autres, nous apprenons des choses nouvelles. » Garti Ortchana 10 ans.


Après la formation du nouveau gouvernement, si Pampha Bhusal, chargée du département de l’éducation au Parti Maoïste, est nommée ministre de l’éducation, de nombreuses réformes sont prévues.




  • L’école devra être gratuite jusqu’à la classe 12 (BAC)

  • Egalité d’éducation pour tous : les écoles privées doivent être reprises ou rachetées par l’Etat afin de garder les structures et de réengager les professeurs du secteur privé dans le secteur publique.

  • L’école doit avoir un profil plus professionnel pour être adaptée au monde du travail et éviter la fuite des étudiants à l’étranger.

  • Lorsque l’école sera gratuite et accessible à tous, elle sera obligatoire.

  • Le Parti veut adopter une politique de décentralisation, afin que chaque région puisse prendre leurs responsabilités.

  • Harmonisation des programmes, généralisation des manuels scolaires.


Reportage réalisé entre Janvier et Mai 2008


Site Web : www.ameliebenoist.com

Maoist Camps Nepal

Il y a un peu plus d’un an, le Parti Maoïste a établi un gouvernement parallèle, c’est à cette période que l’armée Maoïste a été crée pour supporter ce nouveau gouvernement, afin de protéger et défendre le peuple contre l’armée royale, et faire valoir les espérances du peuple.


Il n’y a pas eu de désarmement des camps, mais l’ONU a fait pression pour passer au système DDR (demobilisation, desarmement and rehabilitation). Chacun des camps possèdent un conteneur dans lequel sont entreposées les armes, seul le commandant en possède la clé. L’utilisation des armes est contrôlée par l’ONU par un système de vidéo surveillance.



Dans chaque division 75 armes sont en service pour veiller à la sécurité du camp.
Selon le commandant Sharad, commandant du camp de Dahaban, Rolpa, la limitation de l’utilisation des armes serait une décision commune du gouvernement népalais et du parti Maoïste, pour un retour à la paix.


Site web : http://www.ameliebenoist.com/






L’armée maoïste n’est pour le moment pas autorisée à faire de nouvelles admissions.
Le système des camps de cantonnement ne convient pas à cette armée qui se veux proche du peuple.

« Nous sommes l’armée du peuple, dans les camps nous ne pouvons pas veiller à la sécurité du peuple, nous ne sommes pas comme l’armée de l’ex-URSS ou l’armée de la chine communiste, nous sommes mêlés à la population » soldat Maoïste du camps de Dahaban, Rolpa.

« Nous avons été contraints d’accepter le principe des camps pour prouver que l’armée maoïste n’a aucune intention de contrôler les élections ainsi que la construction de la nouvelle constitution »Commandant Sharad. L’armée du gouvernement elle aussi n’a pas été utilisée pendant le temps des élections.


Actuellement il y a donc deux armées au Népal. Les deux armées devraient fusionner après la formation du nouveau gouvernement, ainsi, la nouvelle armée ne devrait être ni loyale au roi, ni loyale aux Maoïstes.



Le financement des camps se fait en majeure partie par le gouvernement, l’ONU apporte une aide médicale, GTZ (Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit) fournie une aide matérielle en engageant des professeurs d’anglais et d’informatique pour former l’armée. Le but de GTZ est d’améliorer les communications entre les camps armés et l’extérieur.
L’Etat népalais verse uns salaire de 3000 roupies par mois à chaque soldat, ainsi que 60 roupies par jours pour l’alimentation. Cependant, seul sept mois de salaires auraient été versés sur les dix-sept mois passés dans les camps.

Les relations entre les camps armés et les villageois sont très réduites, toutefois, certains camps favorisent les échanges. Le camp de Dang a ouvert une infirmerie qui accueille aussi bien les soldats que les civils des villages environnants. Les soins sont entièrement gratuits ainsi que les médicaments. Les médecins de l’armée sont autorisés à sortir du camp pour aider les femmes à accoucher dans les villages. Ce sont en moyenne une vingtaine de personnes qui viennent chaque jour recevoir ces soins


La place des femmes dans les camps :
Les femmes représentent 30% des effectifs des camps en moyenne. Dans l’ancien gouvernement, les femmes n’avaient pas de place importante. Le parti Maoïste a souhaité inclure un nombre important de femmes dans l’armée afin d’améliorer les droits des femmes dans le pays, leur donner un rôle dans la création du nouveau gouvernement.

Tripani Ghrar a 27 ans, elle s’est engagée dans l’armée maoïste à 17 ans. Sa famille était également engagée dans l’armée.Elle a été arrêtée plusieurs fois par l’armée royale. Dans son village, 13 femmes ont choisie de rejoindre les PLA (people liberation army) ainsi que 15 hommes.
Elle est mère d’un enfant de 1 an qu’elle élève dans le camp. Les mariages étant autorisés dans l’enceinte des camps, de nombreuses femmes y élèvent leurs enfants.
Les enfants peuvent rester avec leurs parents dans les camps jusqu’à l’age de 3 ans, mais il n’est pas rare de voir des enfants plus âgés. Passé l’âge de trois ans, l’enfant doit quitter le camp et rejoindre la famille de ses parents ou intégrer une école Maoïste.
Dans 2 ans, Tripani enverra son enfant vivre avec sa famille, afin de pouvoir rester dans le camps, son mari fait également partie de l’armée Maoïste, mais vit dans un autre camp.
Les mères soldats sont autorisées à quitter l’armée pour élever leurs enfants.

Les hommes et les femmes sont traités avec égalité, les femmes participent aux mêmes entraînements physiques que les hommes. Selon ses femmes, leurs participations au conflit ont modifié l’image de la femme népalaise.



Reportage réalisé entre Janvier et Mai 2008


Site web : http://www.ameliebenoist.com/