Il y a un peu plus d’un an, le Parti Maoïste a établi un gouvernement parallèle, c’est à cette période que l’armée Maoïste a été crée pour supporter ce nouveau gouvernement, afin de protéger et défendre le peuple contre l’armée royale, et faire valoir les espérances du peuple.
Il n’y a pas eu de désarmement des camps, mais l’ONU a fait pression pour passer au système DDR (demobilisation, desarmement and rehabilitation). Chacun des camps possèdent un conteneur dans lequel sont entreposées les armes, seul le commandant en possède la clé. L’utilisation des armes est contrôlée par l’ONU par un système de vidéo surveillance.
Dans chaque division 75 armes sont en service pour veiller à la sécurité du camp.
Selon le commandant Sharad, commandant du camp de Dahaban, Rolpa, la limitation de l’utilisation des armes serait une décision commune du gouvernement népalais et du parti Maoïste, pour un retour à la paix.
Site web : http://www.ameliebenoist.com/
L’armée maoïste n’est pour le moment pas autorisée à faire de nouvelles admissions.
Le système des camps de cantonnement ne convient pas à cette armée qui se veux proche du peuple.
« Nous sommes l’armée du peuple, dans les camps nous ne pouvons pas veiller à la sécurité du peuple, nous ne sommes pas comme l’armée de l’ex-URSS ou l’armée de la chine communiste, nous sommes mêlés à la population » soldat Maoïste du camps de Dahaban, Rolpa.
« Nous avons été contraints d’accepter le principe des camps pour prouver que l’armée maoïste n’a aucune intention de contrôler les élections ainsi que la construction de la nouvelle constitution »Commandant Sharad. L’armée du gouvernement elle aussi n’a pas été utilisée pendant le temps des élections.
Actuellement il y a donc deux armées au Népal. Les deux armées devraient fusionner après la formation du nouveau gouvernement, ainsi, la nouvelle armée ne devrait être ni loyale au roi, ni loyale aux Maoïstes.
Le financement des camps se fait en majeure partie par le gouvernement, l’ONU apporte une aide médicale, GTZ (Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit) fournie une aide matérielle en engageant des professeurs d’anglais et d’informatique pour former l’armée. Le but de GTZ est d’améliorer les communications entre les camps armés et l’extérieur.
L’Etat népalais verse uns salaire de 3000 roupies par mois à chaque soldat, ainsi que 60 roupies par jours pour l’alimentation. Cependant, seul sept mois de salaires auraient été versés sur les dix-sept mois passés dans les camps.
Les relations entre les camps armés et les villageois sont très réduites, toutefois, certains camps favorisent les échanges. Le camp de Dang a ouvert une infirmerie qui accueille aussi bien les soldats que les civils des villages environnants. Les soins sont entièrement gratuits ainsi que les médicaments. Les médecins de l’armée sont autorisés à sortir du camp pour aider les femmes à accoucher dans les villages. Ce sont en moyenne une vingtaine de personnes qui viennent chaque jour recevoir ces soins
La place des femmes dans les camps :
Les femmes représentent 30% des effectifs des camps en moyenne. Dans l’ancien gouvernement, les femmes n’avaient pas de place importante. Le parti Maoïste a souhaité inclure un nombre important de femmes dans l’armée afin d’améliorer les droits des femmes dans le pays, leur donner un rôle dans la création du nouveau gouvernement.
Tripani Ghrar a 27 ans, elle s’est engagée dans l’armée maoïste à 17 ans. Sa famille était également engagée dans l’armée.Elle a été arrêtée plusieurs fois par l’armée royale. Dans son village, 13 femmes ont choisie de rejoindre les PLA (people liberation army) ainsi que 15 hommes.
Elle est mère d’un enfant de 1 an qu’elle élève dans le camp. Les mariages étant autorisés dans l’enceinte des camps, de nombreuses femmes y élèvent leurs enfants.
Les enfants peuvent rester avec leurs parents dans les camps jusqu’à l’age de 3 ans, mais il n’est pas rare de voir des enfants plus âgés. Passé l’âge de trois ans, l’enfant doit quitter le camp et rejoindre la famille de ses parents ou intégrer une école Maoïste.
Dans 2 ans, Tripani enverra son enfant vivre avec sa famille, afin de pouvoir rester dans le camps, son mari fait également partie de l’armée Maoïste, mais vit dans un autre camp.
Les mères soldats sont autorisées à quitter l’armée pour élever leurs enfants.
Les hommes et les femmes sont traités avec égalité, les femmes participent aux mêmes entraînements physiques que les hommes. Selon ses femmes, leurs participations au conflit ont modifié l’image de la femme népalaise.
Reportage réalisé entre Janvier et Mai 2008
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